Pourquoi devrais-je intervenir?
Contrairement au proverbe selon lequel « La pluie de vos injures n’atteint pas le parapluie de mon indifférence », les mots peuvent réellement causer des malaises physiques chez les gens. Certaines études ont établi le lien entre le racisme persistant ou les commentaires désobligeants et l’anxiété, l’hypertension et la dépression. Les employeurs doivent considérer les attaques émotives ou psychologiques de la même manière qu’ils le feraient de la violence physique.
Des trucs pour intervenir
Accordez toujours le bénéfice du doute – en présumant que la personne n’avait pas l’intention de vous faire du mal ou d’en faire aux autres, mais qu’il s’agit plutôt d’un manque de compréhension et de sensibilisation. Si nous sommes plus avisés, nous agirons plus convenablement. Cela vous aidera à faire valoir que le commentaire est inopportun, sans avoir recours aux accusations, à l’agressivité ou à la confrontation. Une personne qui n’est pas sur la défensive sera plus disposée à entendre et à changer.
Si le commentaire provient d’un collègue….
- Mettez un frein à la plaisanterie – lorsque vous réalisez qu’elle mènera inévitablement à une remarque discriminatoire, sexiste ou de quelque façon désobligeante, demandez à la personne de ne pas terminer sa boutade.
- Interrompez les rires. Ainsi, les gens pourront aussi cesser de rire et vous pourrez énoncer que cela vous offusque.
- Posez des questions, comme : « Qu’est-ce qui est si drôle? » ou « Je me demande ce que tu veux dire par ‘C’est tellement homo’. Peux-tu me l’expliquer ? » – Quand les gens doivent clarifier leur commentaire inopportun, ils commencent à saisir son inconvenance. Ils sont moins portés à perpétuer le comportement lorsqu’ils se rendent compte de son impact.
- Personnalisez votre intervention : « Savais-tu que mon frère est homosexuel ? », « Mon enfant a un handicap physique ». Si les commentaires déplaisants visent quelqu’un du bureau, vous pouvez dire : « Je me demande comment Ashmed se sentirait s’il t’entendait exprimer des choses pareilles. » Lorsque l’exclusion est personnalisée, l’interlocuteur se rend compte de l’incidence de ses paroles.
Si le commentaire provient de votre patron
Il peut être déconcertant de protester, lorsque la personne qui tient des propos inopportuns est également celle qui signe votre chèque de paie, répartit le travail et remplit vos évaluations de rendement. Cependant, il est d’autant plus important de traiter des commentaires désobligeants exprimés par une personne qui est en situation de pouvoir, puisque le respect, les véritables changements et la création d’une culture inclusive en milieu de travail proviennent d’abord des échelons supérieurs.
- Abordez la situation en privé – Rencontrez votre superviseur et dites-lui que vous avez trouvé son commentaire offensant ou inopportun. Si vous n’êtes pas à l’aise de le faire seul à seul, trouvez une personne pour vous accompagner.
- Repérez un allié – si d’autres membres de l’équipe interviennent au sujet des commentaires, le superviseur est plus susceptible de comprendre qu’il ne s’agit pas d’une attaque personnelle, mais plutôt que le comportement n’a pas été apprécié ou accepté par l’équipe. Si vous n’êtes pas à l’aise de poser ces gestes, allez en discuter avec des personnes des ressources humaines.
- Engagez les ressources humaines dans la démarche – la plupart des organisations comptent sur des politiques antidiscriminatoires, dont relève le type de commentaire en question. Votre service des ressources humaines peut vous fournir la politique ainsi que des suggestions et du soutien sur les actions à entreprendre.
Oups…C’est vous qui exprimez le commentaire
Bon, vous vous rendez compte de votre erreur – ce que vous avez dit est faux, pas drôle du tout, en plus de perpétuer les stéréotypes. Mais que faire maintenant ?
- Votre meilleur atout est de vous excuser – un simple « Je m’excuse » à tous ceux qui ont entendu le commentaire ou la plaisanterie est un premier pas dans la bonne direction. Le plus tôt sera le mieux.
- Soyez ouvert à la rétroaction – après vous être excusé, vous pouvez dire « Aidez-moi à comprendre ce pourquoi je vous ai offusqué. » Écoutez attentivement. Terminez la conversation en indiquant que vous souhaitez recevoir de la rétroaction de manière continue.
- Écrivez. Une lettre honnête et sincère peut être un baume sur une plaie ouverte, particulièrement si vous aviez tellement honte de votre commentaire que vous n’avez pas immédiatement trouvé les mots qu’il fallait pour vous excuser.
- Faites amende honorable – demandez ce que vous pouvez faire pour rectifier la situation et la rendre plus positive.
- Devenez une personne qui intervient!
Comment mon organisation devient-elle plus apte à intervenir?
Vous comptez dorénavant sur les éléments fondamentaux vous permettant de traiter des commentaires inopportuns et de créer un milieu de travail plus inclusif. Comment instaurer un changement durable au sein de votre organisation ?
Savoir c’est pouvoir et l’usage rend maître. Au départ, vous pourriez partager ce bulletin avec vos collègues. L’apprentissage expérientiel, comme les jeux de rôle et les simulations lors de sessions de formation, peuvent offrir un forum où les personnes mettent en pratique des interventions face à de telles situations. Le fait de trouver les bons mots, de les avoir en tête, permet d’intervenir rapidement, efficacement et sans agressivité. Comme nous l’avons indiqué au tout début, nous savons que la majorité de ces commentaires ne sont pas intentionnellement malveillants. Ainsi, le simple fait de favoriser une prise de conscience à l’égard du pouvoir des mots peut tuer dans l’œuf certaines situations qui ne se produiront jamais. La formation préventive aidera à réduire les plaintes de harcèlement et de discrimination. Qui plus est, la productivité et l’engagement du personnel augmentent lorsque vous créez un milieu de travail inclusif.